• Richard Chamberland

Sondage sur les habitudes d'étude en fin de session

Dernière mise à jour : 19 févr. 2020



Rebonjour, et bon début de session les pharmacopains et pharmacopines!


L’Impharmation se réveille enfin pour l’hiver 2020 en commençant avec un retour sur le sondage sur les habitudes de fin de session que vous avez rempli en décembre. C’était ma foi impressionnant de visualiser de telles données sur les habitudes des étudiant.es en pharmacie. Une analyse rigoureuse et approfondie pourrait être faite afin d’en tirer des conclusions. Nous pourrions ensuite proposer quelques mesures dans le but d’améliorer le bien-être des étudiant.es en général.


Excepté que ça nous tente pas !


Vous tirerez les conclusions que vous voulez. Nous sommes déjà submergés par la session d’hiver. On avait besoin de rire un peu… En espérant que ça vous fera autant de bien qu’à nous !


/!\ SPOILER ALERT : Certaines réponses sont assez cocasses. /!\


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148 personnes ont participé. Cela va nous permettre de faire des inférences plus fiables que certaines études cliniques. Tout ça est très très significatif.



À cette question, presque tout le monde, sauf un étudiant en médecine, a répondu pharmacie ou PharmD ou doctorat de premier cycle en pharmacie. Certains étudient au bac en Clémentine, le doctorat de premier cycle en Geneviève ou dans le certificat en Julie… Je me demande quels débouchés ça donne sur le marché du travail…



Pour cette dernière question, la représentation des étudiant.es est assez satisfaisante. Puisque le sondage a été fait par un 3e année, ça a du sens que le sondage fut propagé tel un virus avec pour épicentre cette cohorte? On remarque que les 4e années existent même si on ne les voit pas. C’est génial d’avoir une représentation consistante des première et deuxième années. Le tirage nous a bien permis d’atteindre tout le monde qui fréquente le Vandry (une explication pour la faible participation des 4e années ?). L’appât du gain, ça marche.


Environ deux tiers des répondants sont des cégépien.es. On présume qu’ils et elles sont plus branché.es sur les réseaux sociaux que leurs ainé.es. Est-ce qu’il y a déjà des étudiant.es du Pharm.D. né.es après l’an 2000? Dans notre société, plus on est jeune, plus on est branché. Ça aurait pu être représentatif de la proportion d’étudiant.es admis collégiens et universitaires (kif-kif), mais non. Les étudiant.es du bac ont probablement compris qu’il y avait mieux à faire que de s’impliquer dans la vie étudiante.



L’art de la guerre

On est donc bien chez soi. 60,1% des personnes ont répondu qu’elles étudiaient dans le confort de leur salon, de leur chambre, de leur bureau, de la salle à manger, ou de la buanderie. Probablement sont-elles allergiques à l’université.


14,2% étudient dans un café ou un Starbucks. Le bruit, le tumulte silencieux, le fumet d’une horde de cerveaux caféinés. On se doute que parmi les cafés et les lattés se cache une quantité pathologique de sucre et de crème fouettée dans des cafouchanilatoglacés hypercaloriques. Faut c’qui faut pour alimenter son cerveau ! Ça doit prendre un méchant budget pour la quantité d’étude qu’on a à faire !


Une minorité, 5,4%, étudie dans un local. Mais qui s’enfermerait volontairement dans un lugubre local bétonné, sans fenêtre et éclairé par des fluorescents agressifs ? 8 personnes, hop la vie ! Mais il y a pire: 8,1% sont du type “cubicule” au CRA. Ce lieu mythique concentre l’anxiété des étudiant.es en un flux énergétique qui fait trembler les moins assidus. On aime ou on aime pas.




On n’est jamais mieux servi que par soi-même… Chez soi, a fortiori, selon la question précédente. « La majorité silencieuse » (pour paraphraser Denise Bombardier hors contexte) étudie par elle-même. Le reste pense que l’union fait la force. Si on pense devenir fou après avoir feuilleté 1000 slides, il est toujours rassurant de savoir qu’un de nos amis, lui aussi, est devenu fou. D’autres pensent qu’une partouze d’étude favoriserait la rétention d’information. L’équipe aide à être efficace, jusqu’à un certain point toutefois… une gang, ça entraîne quelques pertes de temps. Serait-ce un prix à payer pour des séances d’étude plus légères ?



Le but c’est d’être en paix avec soi-même. C’est ce que le graphique dessine, non ?


Chacun y va à son rythme, mais au moins, personne ne prend moins de 24 heures pour caler ses slides. Malgré la quantité effarante d’information à regarder, et l’impression pathologique qu’il faut la connaître sur le bout des doigts, il est rassurant de voir que la majorité des étudiant.es concentre son étude en marge des examens. Pour le tiers qui prend plus d’une semaine, chapeau. On vous imagine complètement relax, toujours à jour, à zyeuter vos résumés avec confiance, capables de distinguer les bêta-bloquants sans même réfléchir.




Méfiez-vous ! Le quart des étudiants sont des voleurs ! Et la moitié sont probablement des menteurs (qui disent utiliser des résumés, en omettant discrètement d’avouer qu’ils les chipent aux autres). Ouf ! Des gens recommandables, en pharmacie...


En termes officiels, partager ses résumés s’appelle être Contributeur aux autres professionnels de la santé. Et les télécharger en douce s’apparente à être Analytique aux problèmes. Ou encore Économe aux ressources. C’est somme toute un graphique digne du Rendre-compte !


“Seule la dose fait le poison”



On parle des vraies affaires. Santé Canada dit que la dose maximale de caféine qu’on peut ingérer avant de pouvoir charger son cellulaire par la pensée est de 400 mg*. Autrefois seules les sorcières expérimentées s’intoxiquaient volontairement avec une quantité gargantuesque de baies de coffea arabica. C’est ainsi qu’elles avaient accès aux connaissances sur la santé et la nature et, ce faisant, étaient accusées d’hérésie par les inquisiteurs. C’est surement pour cela qu’un cinquième des étudiant.e.s ingère autant de caféine. Une autre explication saugrenue serait que l’organisme développe une tolérance à la caféine, de sorte qu’une dose croissante est nécessaire pour avoir le même effet. Mais qu’est-ce qui expliquerait alors les autres catégories ? Le deux tiers (37,8%) ne dépasse pas 200 mg, soit rondement l’équivalent de 2 petits cafés, 1 rockstar, 2 wake-up ou 15 tasses de thé (avec des réinfusions là…). Il faut dire, en plein jour, notre cortisol augmente, et en fin de session aussi. Chez certains, ça doit être suffisant pour les tenir éveillés au moins sur les heures ouvrables.


Que serait un quiz de pharmacie sans parler de galénique ? Ici, une portion du graphique ressemble à un gros pac-man rouge en train d’avaler un fantôme apeuré. Sur ce, on voit que le café est très populaire. Il serait intéressant de voir les déclinaisons de cette tendance: espresso ? Filtre ? Café français? D’autant plus intéressant serait de voir le mode de prédilection des étudiants: Per Os? Intra-veineux? Intra-rectal?... Que de questions soulève ce graphique ! Le thé est la boisson préférée des personnes zen. Ça doit être ceux et celles qui étudient plus d’une semaine à l’avance.


Les comprimés de caféine sont pour les pragmatiques. Rapide, efficace, ne tache pas les dents, aucun apport indu de sucre comme avec les boissons énergisantes. Cela répond aux besoins de la société en 2020. Cinq personnes (3,5%) dans notre contingent embrassent la modernité. On peut présumer qu’elles se nourrissent exclusivement de Boost et de Métamucil. On va voir à la prochaine question…



Ih lala… Voilà ce que ça donne d’ajouter un choix « autre ». Un joli arc-en-ciel de réponses ! Tout d’abord, le tiers (33,1%) des répondants sucrent le bec en étudiant. Cela s’explique par le fait que la principale source d’énergie du cerveau est le glucose. 18,9% grignotent des crudités. Cela s’explique par le fait que les fibres aident l’intestin à faire du péristaltisme. 15,5% de répondants aiment les noix. Cela s’explique parce que des écureuils infiltrent le Pharm.D.. La même proportion mange des chips en étudiant. Dans les deux derniers cas, leur clavier doit être bien gras.


Shout-out parmi les choix « autres »: à la question « comment te sustentes-tu ? » quelqu’un a répondu un splendide « Je me pose la même question ».


Lâche pas chum... On est avec toi.



À vos calculettes : étudier trois fois et plus (disons quatre fois) tous les cours d’un examen (disons qu’un examen vise environ cinq cours de trois heures chacun, qu’on est capable d’étudier en accéléré deux fois plus vite), ça nous fait…


5 cours x 1,5 heures x 4 révisions = 30 heures.


Si on consacre 8 heures par jour à étudier, on obtient environ 4 jours pour se préparer à un examen.

Maintenant, si on étudie une seule fois (oui, oui, on peut penser qu’un tiers des étudiant.es sont à ce point casse-cou). Alors : 5 cours x 1,5 heures x 1 révision = 7,5 heures… Voilà on s’en claire en une journée, merci bonsoir ! Toute mon admiration, vous économisez trois jours par examen. D’une certaine façon, vous avez compris que la vie est trop courte.


Le bac en Geneviève doit être pas mal difficile car il semble falloir étudier trois fois et plus les cours pour réussir...




Je voudrais vous rappeler que l’on retient 10 % de ce qu’on lit (c’est-à-dire 10 % des notes de cours) et qu’on retient 20 % de ce qu’on entend (c’est-à-dire la musique qu’on se met dans les oreilles). À l’examen, tu as plus de chance de te souvenir des paroles de ta toune préférée que de l’information écrite à la page 34, dans le coin en haut, et qui vaut 5 points !


Il faudrait vraiment qu’on envisage d’avoir des profs chanteurs… Avec un rap des cytochromes P450, là on s’en souviendrait (prenez note, Mme Guillemet) ! C’est pas une fabulation, c’est de la science !


Shout out parmi les choix autres:


● Des chants grégoriens: Pour vrai… bonne idée ! La personne qui a écrit « Pas d’tes oignons » s’entendrait bien avec toi.

● Canon Pachelbel en D majeur version 10 heures: Arrives-tu à l’examen habillé comme ça ?!?!



Conclusion


La fin de session n’est facile pour personne. On trouve tous des mécanismes de compensation pour passer au travers. Si toutefois tu sens que tu n’y arriveras pas, parles-en à tes collègues de classe et tu verras qu’ils partagent ta souffrance plus que tu ne le penses. Parles-en pour relativiser, pour ventiler, pour te réconforter. Le pire, c’est de se sentir seul contre le monstre de son perfectionnisme. Si t’es rentré en pharmacie, c’est que tu peux terminer le programme. Lâchez pas !!!


Il y aura d’autres sondages. L’analyse de celui-ci se voulait absurde par surprise. Par contre, nous aimerions sonder les cohortes sur divers sujets (ou encore moins). Les retours seront plus parfois plus sérieux lorsque nécessaire.

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