• Marie-Ève Leclerc

Velma Barfield : jusqu'où l'addiction peut-elle mener ?

Dernière mise à jour : 25 juin 2020


Source : All Thats Interesting, Velma Barfield


Un virus à COVID-19 n'est pas la seule entité capable de tuer. Un individu peut commettre l'irréparable, moindrement qu'il possède un motif, une arme et/ou dont l'équilibre psychologique est précaire. Néanmoins, la définition du mot « meurtrier » n'a pas qu'un seul visage, donc il est difficile de pouvoir identifier les Ted Bundy de notre monde.


Pour une petite mise en contexte, qualifions l'importance du rôle d'un pharmacien (brièvement bien sûr, ce journal est d'abord et avant tout une lecture récréative) De prime abord, il est indéniable d'affirmer que cette profession exige de mettre ses patients en confiance totale, sans quoi leur adhésion au traitement ne serait pas optimale (cela doit sûrement vous sembler familier, à moins que je me trompe). Après tout, un patient est, en quelque sorte, en position de vulnérabilité alors qu'il est tout nouveau au monde des médicaments, donc il doit s'en remettre au pharmacien pour l'aider à le guider dans sa thérapie médicamenteuse. Imaginez un instant ce qui pourrait arriver dans la mesure où un pharmacien prenait l'avantage lors d'une telle situation de vulnérabilité.


Et bien, c'est exactement ce qui est arrivé avec Velma Barfield. Or, elle n'était pas pharmacienne, mais bien infirmière pour quelques personnes âgées et elle leur distribuait leurs médicaments. Deux d'entre ces personnes ont perdu leur vie sous sa main, alors qu'elles étaient en position de vulnérabilité complète. Les victimes se nommaient John Henry Lee et Dollie Edwards et ils étaient deux des quatre meurtres commis par la « Grand-Mère du couloir de la mort ».


 

Née en 1932 en Caroline du Sud, Velma Margie Barfield fut élevée à proximité de Fayetteville, en Caroline du Nord, en ayant un père violent et une mère passive. À l'âge de 17 ans, elle s'échappa de sa famille en épousant un homme du nom de Thomas Burke. Ils eurent deux enfants et tout semblait aller pour le mieux pour eux, jusqu'au jour où Velma développa une hystérectomie. Suite à cette opération, elle commença à avoir des maux de dos intolérables, ce qui occasionna en elle un changement important dans son comportement et une forte dépendance aux médicaments de prescription.


Ce qu'on ne savait pas, c'était que là fut le moment où tout commença à aller de travers.


Alors que Velma et ses deux enfants furent partis de la maison, Burke mourut suite à un incendie dont la cause est inconnue encore à ce jour. Velma obtint donc le nom de famille Barfield suite à son mariage à Jennings Barfield. Malheureusement, celui-ci mourut à peine un an après leur union.


Source : Sword and Scale, The Black Widows of Death Row


Son premier meurtre fut celui de sa mère, Lillian Bullard, en 1974. En vérité, tout mène à croire qu'elle avait échoué lors de sa première tentative de meurtre envers sa génitrice, puisque quelques temps avant sa mort, alors que Velma venait tout juste de la visiter en lui préparant un repas, elle vécut des symptômes relatifs à un empoisonnement alimentaire, soit des diarrhées, des vomissements ainsi qu'une forte nausée, mais elle s'en est remise quelques jours plus tard. Ce n'est qu'à Noël de la même année qu'elle vécut de nouveau ces symptômes, sans toutefois s'en remettre. Elle finit ses jours quelques heures après avoir été admise à l'hôpital, le 30 décembre 1974.


Ses deuxième et troisième meurtres furent ceux de Dollie Edwards et John Henry Lee, deux personnes âgées. Elle avait été engagée par le couple et prenait soin d'eux comme le ferait une infirmière, elle les aidait dans la prise de leurs médicaments . Mme Edwards mourut en 1976, soit un an avant son partenaire, M. Lee, et les deux victimes semblaient présenter les mêmes symptômes que Lillian Bullard avant leur mort. Ironiquement, dans leur testament, ils avaient décidé de léguer une partie d'argent à Velma Barfield, afin de la remercier de prendre soin d'eux si diligemment jusqu'à la fin de leurs jours.


Finalement, son quatrième meurtre, le seul qui a réellement élevé des soupçons à son égard et qui l'envoya au couloir de la mort est celui de son amant, Stuart Taylor (qui faisait également partie de la famille de Dollie Edwards). La raison pour laquelle elle décida de le tuer fut par peur qu'il découvre qu'elle détournait un peu de son argent afin qu'elle puisse se procurer des médicaments de prescription dont elle dépendant tant. À sa mort, elle reçut un montant considérable d'argent, ce qui pouvait subvenir entièrement à ses besoins en médicaments.


Afin d'éloigner tout soupçon, elle décida de dire au jury qu'il était soudainement tombé malade et qu'elle avait décidé de prendre soin de lui, comme elle l'avait fait avec Dollie Edwards et John Henry Lee. Le jury décida de ne pas croire ses dires et de la condamner à la peine de mort, une fois qu'elle finit par confesser aux meurtres qu'elle. Ce dernier refusa également la possibilité qu'elle puisse avoir quelque problème psychologique.


Les quatre rapports d'autopsie des victimes de la Grand-Mère du couloir de la mort avaient une chose en commun ; tous avaient préalablement ingéré une quantité toxique d'arsenic avant de mourir. L'arsenic, une fois avalé, provoque notamment de nombreux problèmes gastro-intestinaux et nerveux, qui peuvent éventuellement conduire à la mort. Lors de son procès, Velma Barfield admit qu'elle tuait ses victimes en leur faisant ingérer une quantité importante de poison pour rat à base d'arsenic, et ce, à leur insu. Une faible quantité d'arsenic fut également trouvée dans le corps de Jennings Barfield, toutefois, Velma nia d'avoir un quelconque lien avec sa mort.


Ce qui peut sembler encore plus dérangé chez elle était le fait qu'elle allait toujours aux funérailles de ses victimes et semblait vivre un véritable deuil à chaque fois, comme si elle ne s'attendait pas vraiment à la mort de ses victimes, alors qu'elle avait bel et bien prémédité chacun d'entre eux. S'agissait-il d'un problème psychologique causé par les médicaments qu'elle prenait, ou encore, tentait-elle d'éloigner tout risque de suspicion ? Nul ne le sait.


Tuée par injection létale à 52 ans, elle aura fini ses jours sous l'influence de substances dont les effets pourraient en quelque sorte ressembler à ceux de ses précieux médicaments de prescription, qu'elle s'était procurée avec le butin qu'amenait le meurtre de ses victimes.


Voilà une preuve de l'importance de garder ses médicaments à risque d'abus derrière le comptoir. Voilà jusqu'où l'addiction peut mener.


RÉFÉRENCES


Oliver, M. The Shocking Crimes Of Velma Barfield, « The Death Row Granny ». All That's Interesting. [En ligne] Consulté le 2 avril 2020. Disponible au : https://allthatsinteresting.com/velma-barfield


Auteur anonyme. The Black Widows of Death Row. Sword and Scale. [En ligne] Consulté le 1er avril 2020. Disponible au : https://www.swordandscale.com/the-black-widows-of-death-row/


Auteur anonyme. Velma Barfield. ClarkProsecutor.org. [En ligne] Consulté le 2 avril 2020. Disponible au : http://www.clarkprosecutor.org/html/death/US/barfield029.htm


Auteur inconnu. Arsenic. Green Facts. [En ligne] Consulté le 4 avril 2020. Disponible au : https://www.greenfacts.org/en/arsenic/l-2/arsenic-7.htm

46 vues0 commentaire